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Gaulin on Le Guillou (2003)

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Review: 

Le Guillou, Louis. Le “Baron” d'Eckstein et ses contemporains (Lamennais, Lacordaire, Montalembert, Foisset, Michelet, Renan, Hugo, etc.): Correspondances avec un choix de ses articles. Paris: Honoré Champion, 2003. Pp. 593. ISBN 2-7453-0849-1

         Morgan Gaulin, Université de Montréal

Ferdinand Eckstein, qui ne devint baron qu'en 1816, est né au Danemark le premier septembre 1790 dans une famille juive dont le père s'était convertit au protestantisme. Autour de 1804, Eckstein rencontre quelques figures de l'aristocratie française: Portalis, Quatremère de Quincy. D'Eckstein se convertit au catholicisme à Rome en 1807. Il poursuit ensuite des études à Heidelberg en Allemagne où il suit les cours du philologue Creuzer et de l'orientaliste Wilken. Edgar Quinet nous a donné une description du personnage: “une figure grave, bien allemande, des cheveux foncés sur son visage pâle, peut-être un reste de son origine juive [. . .].” (Quinet,Lettres à sa mère, tome iii, Paris, Honoré Champion, p. 133) Eckstein participe aux campagnes de 1812 à 1814 contre Napoléon et sans qu'on ne sache trop pourquoi il est nommé commissaire de police dans le Rhône par Louis xviii. Il démissionne de ce poste en 1821 pour travailler dans la bibliothèque de Louis-Mathieu Langlès, professeur de persan à l'École des langues vivantes orientales. C'est sans doute à partir de ce moment qu'il se passionne pour l'Orient. En 1829, alors qu'il collabore aux Annales de la littérature et des arts et qu'il en est nommé directeur, il se met à entretenir d'étroites relations avec Lamartine et Hugo. D'Eckstein s'intéresse alors à la littérature et en fait bénéficier sa propre revue: le Catholique.

Louis Le Guillou avait déjà présenté en 1984 une centaine de lettres du Baron (Lettres inédites du baron d'Eckstein, société et littérature à Paris, en 1838–1840, Paris, puf, 1984) Il nous offre maintenant 174 documents, dont un choix d'articles publiés dans diverses revues: L'Avenir, laRevue Européenne, la Revue française et étrangère, de même qu'un manuscrit intituléCosmogonie mosaïque dans lequel notre Baron exploite ses vastes connaissances des cosmogonies anciennes, du Zendavesta à l'orphisme. Parmi ses correspondants, Ernest Renan est le seul avec qui d'Eckstein peut réellement discuter des sujets qui le préoccupent: la philologie, les langues orientales, l'histoire. Les lettres adressées à Renan évoquent des noms essentiels – tous allemands – de la “Renaissance orientale.” Dans une longue lettre datée du 22 janvier 1856 d'Eckstein mentionne, aux côtés de philosophes illustres comme Schelling et Hegel, les noms peu connus en France de Martin Haug, dont les travaux sur le zoroastrisme continuent aujourd'hui de nourrir les historiens et philologues, de Stickel et ses recherches sur les antiquités étrusques, d'Ewald, de Steinthal, de Spiegel puis du célèbre Friedrich Max Müller. C'est dans cet univers intellectuel que le Baron semble le plus à son aise et les articles reproduits témoignent de son goût prononcé pour la science historique, les religions et la politique. Le travail accomplit par Louis Le Guillou offre désormais aux historiens de l'orientalisme un document de travail de tout premier ordre dont ils ne pourront faire l'économie.

Volume: 
37
Year:


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