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Dousteyssier-Khoze on Griffiths, Glaudes, and Vibert, eds. (2006)

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Review: 

Bernard Griffiths, Simone, Pierre Glaudes, et Bertrand Vibert, eds. La Fabrique du Moyen Âge au XIXe siècle. Représentations du Moyen Âge dans la culture et la littérature françaises du XIXe siècle. Paris: Honoré Champion, 2006. Pp. 1182. ISBN 978-2-7453-1226-6

        Catherine Dousteyssier-Khoze, Durham University

L’ouvrage est monumental, dans tous les sens du terme, et il s’agit d’une vraie gageure pour le critique de faire en 500 mots le compte-rendu d’une étude de 1182 pages! Comme le titre l’indique, c’est le processus de fabrication d’un siècle par un autre (en l’occurrence la “dix-neuviémisation” du Moyen Âge) qui constitue la problématique centrale.

Les perspectives, résolument pluridisciplinaires (historiographie, philologie et littérature y trouvent leur place), prennent en compte un Moyen Âge dix-neuviémiste non seulement français mais, plus largement, européen. Cette vaste enquête, qui tient aussi compte des différents modes et registres, du ludique au sérieux, permet ainsi de dresser un tableau subtil et nuancé, sinon du Moyen Âge, tout au moins du XIXe siècle. Un XIXe siècle qui, en inventant et “fabriquant” son Moyen Âge – ou ses Moyens Âges (l’accent est mis sur la pluralité des visions, la fluidité des esthétiques) – se met lui-même en représentation, et nous en apprend avant tout sur ses propres obsessions: La Fabrique du Moyen Âge au XIXe siècle cherche donc à mettre en évidence “un imaginaire à l’œuvre, qu’il soit politique, religieux, scientifique [. . .] ou esthétique (p. 25), ou encore “la forme de fictionnalisation par laquelle chaque écrivain construit une image de lui-même et du monde à travers sa vision du Moyen Âge” (p. 26).

L’ouvrage est divisé en trois grandes parties: la première, consacrée aux “Discours et travaux érudits sur le Moyen Âge,” compte quatre sous-parties intitulées “Institutions savantes. Les institutions du savoir,” “La philologie,” “Le folklorisme” et “L’historiographie.” La deuxième partie (“Réception des figures et motifs médiévaux”), qui fait la part belle aux représentations de la spiritualité médiévale, explore cinq articulations: “Héros fondateurs, chevaliers, grands souverains, conquérants, explorateurs, prophètes et poètes,” “Topographies médiévales,” “Figures diaboliques et angéliques,” “Fées et figures de la passion” et “De l’imaginaire au symbolique: littérature et spiritualité médiévale.” Enfin, la troisième partie, qui traite du “Moyen Âge à travers les formes et les sensibilités littéraires,” s’attache aux multiples genres, modes et figures “hérités” du Moyen Âge: “De la chanson de geste à l’épopée romantique”; “L’inspiration médiévale dans le roman” (du roman troubadour au roman noir, en passant par le roman historique, le roman populaire et le “grand” roman des Stendhal, Balzac, Flaubert, Zola . . .); “Moyen Âge et poésie”; “Le Moyen Âge sur la scène” et “L’héritage carnavalesque: Rire et parodie.”

Le travail d’édition est exemplaire (liminaire, préface, introductions détaillées, bibliographie sélective, index, renforcent la belle cohésion de l’ensemble) et la participation de moult spécialistes éminents du XIXe siècle contribue à faire de La Fabrique du Moyen Âge au XIXe siècle une véritable encyclopédie et l’ouvrage de référence sur les représentations du Moyen Âge au XIXe siècle.

Volume: 
37
Year:


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Book_review_page | by Dr. Radut